09 février 2011

Grimes Partie 8 (La disparition) chapitre 7

L’homme qui se tient en face de lui est brun, assez grand, très maigre dans son petit costume trois pièces étriqué. Il retire son veston et l’accroche très méticuleusement sur un cintre. Il prend ensuite une blouse accrochée derrière la porte et l’enfile avec méthode.

Chaque geste semble chorégraphié. Guillaume se rend compte que depuis le temps qu’il est assis ici, il n’a pas observé la pièce où il se trouve. Il n’avait pas vu la blouse et découvre stupéfait une petit table couverte d’instruments peu conventionnels.

L’homme continue son rituel sans parler. Il souffle dans ses gants de latex, les talque, et les enfile avec application.

Puis, toujours dans le même esprit, il désinfecte un par un chaque instrument de la table. La première phrase sort enfin de sa bouche et Guillaume regrette aussitôt de l’avoir entendue. « On n’est jamais assez vigilants avec les consignes d’hygiène ». Il fait un sourire à Guillaume. Un de ces sourires qui nous ferait croire au bon Dieu. Un sourire angélique. Un sourire de bon père de famille.

Il prend une chaise et s’assoit en face de Guillaume. « Pouf ! J’ai bien mérité un peu de repos. Vous ne trouvez pas ? » Que doit-il répondre ? Doit-il répondre ?

Guillaume acquiesce simplement de la tête et attend la suite. La suite ne vient pas. L’homme en blouse blanche le regarde fixement, droit dans les yeux. Il semble figé, en extase devant un homme-chaise qui, à présent sue à grosses gouttes.

Et puis la tornade commence. D’un coup son visage se transforme. Le regard se durcit. Et la voix devient horrible.

« Vous allez nous faire chier encore longtemps comme cela ? Vous savez où je devrais être tout de suite ? Non !

Vous ne le savez pas ! Et je suis certain que vous vous en foutez complètement. Qu’est-ce que les gens sont égoïstes ! En ce moment, ma petite fille qui a huit ans fait une représentation de danse classique avec ses camarades à l’Opéra. A l’Opéra ! Et moi je suis ici à essayer de faire parler un imbécile qui m’empêche d’être à ma place auprès de ma famille ! »

Guillaume ne sait plus quoi faire. Il s’excuse, mais l’autre pense qu’il se moque de lui. « Et insolent en plus de cela ! Tu vas voir. Je vais te faire parler, moi, et rapidement encore ! Alors Auguste Maigret ça te dit quelque chose ? Quand l’as-tu rencontré pour la dernière fois ? Qu’est-ce qu’il t’a dit ? Où se trouve l’Entraille ? Qui est ton chef direct ? Où vous donnez-vous rendezvous ? Qui vous fournit en armes ? »

Guillaume se sent de plus en plus mal. Il le voudrait qu’il ne pourrait pas répondre à ces questions. La pression est telle qu’il n’a qu’une envie : répondre. Dire ce que son bourreau attend de lui. Même si ce n’est pas vrai. Il commence. Il s’invente un nom de code. Il se crée un supérieur (Eric) qu’il n’a pas vu depuis la fermeture du quartier-clown. Ce lieu devient le lieu de rendez-vous qu’attendait l’homme en blouse. « Seulement voilà.

Depuis que le quartier-clown est fermé, j’ai perdu le contact et je ne sais plus comment le joindre. C’est pour cela que j’ai quitté mon travail. J’avais peur que mon contact se soit fait prendre et qu’il me dénonce »…

Posté par lerireduserpent à 19:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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