04 février 2011

Grimes Partie 8 (La disparition) chapitre 3

Après avoir surveillé pendant plus d’une heure la porte de son immeuble, il se décide enfin à rentrer. L’escalier lui paraît beaucoup plus grand et les marches plus hautes. Des gouttes de sueur coulent le long de son dos et sur son front. Surtout, ne croiser personne. Il n’a pas osé allumer la lumière, de peur que cela fasse sortir la concierge.

Arrivé devant la porte de son appartement, il voit les scellés sur la serrure. Voilà, il a sa confirmation. La milice a fait son travail et il ne doit pas passer trop de temps à l’intérieur s’il ne veut pas se faire prendre. Il coupe calmement le fil de plomb qui supporte le cachet de cire.

C’est étonnant qu’on utilise encore une méthode aussi archaïque. Sans doute une de ces nostalgies malsaines.

La serrure n’a pas été changée. Il ouvre la porte sans problème et rentre chez lui. Toute l’opération s’est effectuée dans un silence de mort. A présent, il ose à peine allumer la lumière. D’un regard, il vérifie que les volets sont bien fermés. Ensuite, il allume une petite lampe de bureau proche de l’entrée.

La pièce est sens dessus-dessous. Il n’y a plus un seul livre qui soit à sa place. Les tableaux aux murs sont tous à terre. Certains sont même déchirés. La vaisselle est cassée.

Finalement, il se demande ce qu’il est venu chercher ici.

Rien ne peut lui être utile. Il n’aura pas trouvé ne serait-ce que du réconfort en se reposant chez lui. Mieux vaut partir rapidement.

Avant de partir, il se dirige tout de même vers le répondeur pour écouter les messages. Il y en a quatre, mais ils ont déjà été écoutés. « Que se passe-t-il Guillaume ? La milice est encore passée chez moi ce matin. Où es-tu ?

Quelle bêtise as-tu encore pu faire ? » ; « Guillaume, c’est  encore maman. Appelle-moi au plus vite, je suis morte d’inquiétude. L’inspecteur qui est venu me voir l’autre jour dit que tu es un criminel. Je ne veux pas y croire.

Appelle-moi » ; « Guillaume, c’est encore moi. Appelle-moi» ; « Guillaume, bonjour, ici Raymond Latour, votre employeur. Il va sans dire que vous êtes renvoyé. Le gouvernement ne peut se permettre de travailler avec des incompétents. Vous êtes, d’ailleurs, déjà remplacé. Si vous souhaitez toucher votre dernier salaire, il vous attend au bureau. Je ne vous salue pas ».

Voilà qui n’a pas arrangé son moral. Pas le dernier message de son patron, mais les trois précédents. Il faut qu’il l’appelle. Il lui doit bien cela. Il va juste lui dire « Ne t’inquiète pas, je vais bien ». Peut-être rajoutera-t-il qu’il l’aime. Il compose le numéro et reste figé en entendant la voix métallique à l’autre bout « Il n’y a plus d’abonnés au numéro que vous avez demandé ». Ce message en boucle continue à tourner quand il se décide à partir. Qu’ont-ils fait à sa mère ?

Il regarde une dernière fois autour de lui et se dirige vers la porte. Il l’ouvre. Devant lui se dressent quatre hommes armés dans l’uniforme de la milice…

Posté par lerireduserpent à 19:47 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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